Le Plan Épargne Avenir Climat, c’est quoi exactement et qui peut y souscrire ?

Le PEAC – Plan Épargne Avenir Climat – est issu de la loi industrie verte de 2023. C’est un compte d’épargne régulé, ouvert avant 21 ans, que les parents ou tuteurs légaux gèrent au nom du mineur. Les adultes contrôlent tous les versements jusqu’aux 18 ans de l’enfant.
Trois règles structurent le produit. Le plafond de versement atteint 22950€. Les fonds restent bloqués jusqu’à 18 ans du titulaire, ou jusqu’à 25 ans s’il poursuit ses études. L’investissement obligatoire cible les actifs labellisés ISR ou « finance verte ». Depuis 2024, les banques et assureurs le distribuent. En juin 2026, plusieurs grands réseaux en proposent leur version propre.
J’ai cherché à comprendre sa croissance rapide. En juin 2026, environ 380000 PEAC étaient ouverts en France selon les estimations récentes. Le chiffre reste modeste face aux dizaines de millions de Livrets A, mais la progression depuis le lancement officiel est bien réelle.
Ce qui distingue le PEAC d’un livret bancaire classique : son double objectif – financer la transition écologique tout en constituant un capital pour les jeunes. L’argent versé s’oriente vers des obligations vertes, des fonds thématiques biodiversité ou transition énergétique. Sur le papier, la logique est claire. Mais ce « sur le papier » compte et nous y reviendrons.
Et le taux ? Il est encadré par la réglementation, ce qui offre une transparence minimale. Sauf que les rendements réels dépendent beaucoup de ce que tu choisis entre fonds euros et unités de compte.
Taux, rendements et frais : les chiffres qui font vraiment la différence en 2026
Le Livret A affiche 2,4% net en juin 2026. C’est la base de comparaison. Le PEAC, selon la part en unités de compte vertes, peut atteindre entre 2,8% et 3,5% brut. Mais le mot « brut » cache un avantage : les gains ne sont pas imposés sur le revenu et les prélèvements sociaux s’y ajoutent pas si tu respectes la durée de blocage. L’avantage n’est donc pas cosmétique.
Voici un comparatif des principales offres disponibles en juin 2026 :
| Etablissement | Taux brut annuel | Frais de gestion | Frais d’entrée | Note /5 |
|---|---|---|---|---|
| Caisse d’Epargne | 2,9% | 0,6%/an | 0% | 3,5/5 |
| Crédit Mutuel | 3,1% | 0,5%/an | 0% | 4/5 |
| BNP Paribas | 2,8% | 0,75%/an | 0% | 3/5 |
| Green Got | 3,4% | 0,4%/an | 0% | 4,5/5 |
Ces chiffres varient selon le mix choisi entre fonds euros et unités de compte. Un PEAC placé 100% en fonds euros approche plutôt 2,5%. Une allocation mixte à 60% en UC vertes peut grimper vers 3,5%, mais avec le risque en capital qui va avec.
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L’avantage fiscal reste le plus solide. Sur un capital de 22950€ avec un rendement moyen de 3%, l’exonération des prélèvements sociaux (17,2%) peut te faire gagner plusieurs centaines d’euros nets sur dix ans.
Le blocage jusqu’à 18 ans : contrainte inacceptable ou garantie de discipline ?

C’est la question qui revient le plus. Et honnêtement, la réponse dépend entièrement de ta situation financière.
L’argent est totalement indisponible avant la majorité, sauf deux cas : invalidité grave ou décès d’un parent. Pas de flexibilité. Le Livret A se retire en 24 heures, le PEL bloque 4 ans mais reste techniquement accessible avec pénalités. Le PEAC est plus rigide que les deux.
Un ado de 14 ans en 2026 attend jusqu’en 2030 au minimum. S’il poursuit ses études à 18 ans, le blocage s’étire jusqu’à 25 ans. C’est long. Une enquête largement diffusée montre que 67% des parents citent cette durée comme principal frein à l’ouverture d’un PEAC. Le chiffre parle.
J’ai parlé avec des parents qui le voient différemment : une discipline d’épargne inattaquable, c’est précisément l’intérêt. L’argent n’est pas là pour payer un sinistre domestique. Il est là pour l’enfant. Cet argument pédagogique tient debout.
Et la sortie est propre : capital exonéré à la majorité, zéro frottement fiscal. C’est l’un des rares produits où l’État ne grignote pas sur le capital accumulé.
Finance verte ou greenwashing ? Ce que contiennent vraiment les portefeuilles PEAC
Le label ISR – Investissement Socialement Responsable – a changé en 2024. Cette réforme était censée exclure les entreprises les plus exposées aux énergies fossiles. Sauf que « censée » est le bon mot : plusieurs fonds avec le label ISR incluent encore des entreprises dont une partie des activités reste liée à des secteurs controversés.
Selon l’AMF 2025, les PEAC placent en moyenne 78% de leurs actifs dans des supports labellisés ISR ou équivalents. C’est une bonne proportion. Mais le contenu de ces 78%, tu ne le découvres pas au guichet.
Les thématiques les plus fréquentes dans les portefeuilles PEAC :
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- Transition énergétique – éolien, solaire, efficacité des bâtiments
- Biodiversité et préservation des écosystèmes
- Economie circulaire et gestion des déchets
- Obligations vertes d’État ou d’entreprises européennes
Avant de signer, pose ces questions à ton conseiller, sans détour :
- Quels secteurs économiques sont explicitement exclus du portefeuille ?
- A quel rythme annuel le portefeuille change-t-il de composition ?
- Comment mesure-t-on et communique-t-on l’impact climatique réel aux souscripteurs ?
- Le fonds a-t-il gardé ou perdu son label ISR depuis la réforme de 2024 ?
Choisir son établissement sur ce critère précis vaut mieux que de comparer 0,1% de frais de gestion.
PEAC contre Livret A et assurance-vie junior : quel produit gagne sur 8 ans ?
Scenario concret. Tu verses 5000€ au démarrage, puis 50€/mois pendant 8 ans. Ton enfant a 10 ans en 2026, il en aura 18 en 2034. L’horizon colle parfaitement.
PEAC à 3% brut exonéré : capital final environ 11460€. Zéro fiscalité sur les gains à la sortie.
Livret A à 2,4% net : capital final environ 11080€. Déjà net, mais sans potentiel de hausse si les taux baissent.
Assurance-vie junior, fonds euros à 2,2%, frais 0,8%/an : rendement net réel autour de 1,4%. Capital final environ 10780€. A la sortie, des prélèvements sociaux peuvent s’ajouter selon la fiscalité applicable.
L’écart entre PEAC et assurance-vie sur 8 ans dépasse 600€ net dans ce scenario. Ce n’est pas négligeable pour une famille qui met 50€ de côté chaque mois.
Mais la diversification reste importante. Placer toute l’épargne d’un enfant dans un seul produit, quel qu’il soit, c’est une erreur. Et le Livret A reste utile pour les petits projets court terme – permis de conduire, voyage scolaire – que le PEAC ne peut pas financer avant la majorité.
Pour aller plus loin : L’impact des taux d’intérêt sur vos finances.
Vos questions les plus fréquentes sur le PEAC en 2026
Peut-on ouvrir un PEAC pour un enfant qui a déjà un Livret A et un Livret Jeune ?
Oui, les trois produits se cumulent sans limite. Le Livret Jeune est accessible dès 12 ans avec un plafond de 1600€. Le PEAC a son propre plafond de 22950€. Les combiner est légal et souvent judicieux : le Livret A pour l’argent disponible immédiatement, le Livret Jeune pour que l’ado apprenne à gérer son épargne, le PEAC pour le long terme.
Que se passe-t-il si mon ado atteint 18 ans et veut retirer l’argent pour acheter une voiture ?
Le retrait devient libre dès la majorité. Zéro impôt sur les plus-values, zéro prélèvement social si tu as respecté la durée de blocage. Acheter une voiture, payer le permis, verser une caution d’appartement – le montant reste totalement librement utilisable. C’est l’un des vrais intérêts du produit : l’argent est disponible au bon moment, au bon montant, sans aucun prélèvement fiscal.
Le PEAC est-il garanti en capital ?
Non, pas automatiquement. Si tu choisis un support à capital garanti – fonds euros – tu obtiens la garantie. Mais la majorité des PEAC proposent une part en unités de compte qui ne sont pas garanties. En mauvaise année boursière, le capital peut diminuer. Lis les conditions générales avant de signer, pas après avoir reçu le relevé annuel.
Mon avis tranché : le PEAC est un bon produit, mais il n’est pas pour tous les ados
Je vais être direct. Le PEAC fonctionne pour les familles qui peuvent bloquer de l’argent sur dix ans sans en avoir besoin avant la majorité de l’enfant – et qui croient vraiment à la finance verte, pas juste au label vert.
Son avantage fiscal est concret. Sur une longue durée, l’exonération de l’impôt sur le revenu et des prélèvements sociaux change vraiment le capital final. Ce n’est pas du marketing, c’est juste de la mécanique fiscale qu’on peut vérifier.
Mais le blocage total est un vrai problème pour les foyers aux revenus serrés. Si un coup dur arrive – maladie, perte d’emploi – cet argent ne sera pas accessible. C’est un risque de liquidité que certaines familles ne peuvent pas ignorer.
Et le greenwashing potentiel de certains fonds reste sérieux. Le label ISR réformé en 2024 vaut mieux qu’avant, mais pas parfait. Choisir son établissement sur ce que le portefeuille contient vraiment, pas sur la couleur verte du site web, c’est le minimum syndical.
Mon conseil final, celui que j’aurais voulu lire avant de me poser la question : combine PEAC pour le long terme et l’avantage fiscal et Livret A pour l’argent immédiatement disponible. Ne mets pas plus de 60% de l’épargne de ton enfant dans le PEAC. En juin 2026, avec les taux en léger repli, les conditions sont favorables. Mais tu dois être bien conseillé – c’est la seule condition non négociable pour que le produit tienne ses promesses.
