+27% de transactions en un an : le marché de la VE d’occasion décolle vraiment en 2026

50 868 transactions au premier trimestre 2026. C’est le chiffre que publie le Baromètre du véhicule électrique d’occasion AVERE-France / Mobilians / AAA Data, en hausse de +27% sur un an. En mars 2026 seul, 20 140 immatriculations ont été enregistrées – un record absolu, à +43,2% sur douze mois. La part de marché de la voiture électrique d’occasion est passée de 3% à 4% entre 2025 et mars 2026.
AAA Data anticipe environ 250 000 ventes sur l’année 2026, soit +40% par rapport à 2025. Pour comprendre le contexte : les immatriculations neuves électriques représentaient 28,1% des ventes de voitures neuves en France en janvier 2026, contre 21,7% en décembre 2025. Le marché du neuf tire et l’occasion suit avec un décalage mécanique.
Mais un chiffre tempère l’enthousiasme. Entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, les transactions ont reculé de 6%. Ce recul rappelle que ce marché reste en construction. Les variations trimestrielles ne suivent pas une courbe ascendante régulière.
Et c’est précisément là que la question se pose. Un marché qui grossit vite n’est pas forcément un marché mature. La croissance des volumes ne dit rien sur la qualité des conditions d’achat. Est-ce que 2026 est vraiment le bon moment pour acheter une VE d’occasion ? Les chiffres suivants donnent des éléments de réponse moins confortables que les courbes de croissance.
33 278€ pour une VE d’occasion récente : seulement 4% moins cher que le neuf, c’est très insuffisant
Le prix moyen d’une voiture électrique d’occasion de moins de 3 ans était de 33 278€ entre janvier et février 2026, selon le Baromètre AVERE-France / Mobilians / AAA Data. Le prix d’un véhicule neuf équivalent hors bonus-malus ressort à 37 498€. Sur le papier, on parle d’une décote de 11%. C’est déjà peu. Mais le vrai problème apparaît quand on intègre les aides.
Après application du bonus écologique et de la super-bonification minimale, le neuf descend à 34 781€. L’écart avec l’occasion récente tombe à 4% seulement. Pour les thermiques, cet écart tourne autour de 18%. Autrement dit, l’argument « l’occasion c’est plus rentable que le neuf » ne tient tout simplement pas sur ce segment.
| Modèle / statut | Prix | Écart vs neuf avec aides |
|---|---|---|
| VE récente (moins de 3 ans) d’occasion – moyenne | 33 278€ | -4% vs neuf aidé |
| VE neuf hors bonus-malus – moyenne | 37 498€ | référence |
| VE neuf avec bonus + super-bonification minimale | 34 781€ | référence aidée |
| Dacia Spring d’occasion 2021-2022 | à partir de 6 500€ | très décoté, hors comparaison directe |
| Renault Zoé ZE 22 d’occasion | à partir de 6 000€ | très décoté, hors comparaison directe |
| Renault Zoé ZE 40 d’occasion | à partir de 8 000€ | meilleur rapport autonomie/prix |
| Véhicule d’occasion moyen (tous types) sur leboncoin | 15 700€ | référence marché général |
L’équipe leboncoin Solutions Pro l’a noté en 2026 : les annonces de VE d’occasion ont été consultées 100 millions de fois en 2025, mais le passage à l’acte reste timide. Le fossé entre l’intérêt affiché et l’achat concret illustre bien le problème. Les VE récentes d’occasion restent très au-dessus du budget moyen observé sur la plateforme (15 700€ pour tous véhicules confondus). Seules les entrées de gamme – Spring, Zoé ZE 22 – s’en approchent.
En clair : pour les modèles récents, l’argument prix ne tient pas. L’occasion n’a de sens économique immédiat que sur les modèles les plus anciens et les plus décotés.
Sur le même sujet : Création d’entreprise 2026 : les secteurs qui démarrent le mieux.
151 jours pour vendre une VE d’occasion : pourquoi les vendeurs souffrent autant

Cinq mois. C’est le temps moyen qu’il faut aujourd’hui pour vendre une voiture électrique d’occasion en France. 151 jours exactement, selon le Baromètre AVERE-France / Mobilians / AAA Data du début 2026. Un thermique classique se vend en 40 à 60 jours. L’écart est brutal.
Clément Molizon, directeur général de l’AVERE-France, l’a dit clairement : le marché est encore en phase de structuration. Les décotes restent élevées, la demande n’absorbe pas encore l’offre existante au rythme attendu. Mais pourquoi ce délai si long ? Plusieurs causes se combinent.
- Méfiance persistante des acheteurs sur l’état de la batterie après plusieurs années d’usage
- Manque d’expertise des particuliers pour évaluer un véhicule électrique d’occasion sans accompagnement technique
- Réseau de revendeurs spécialisés encore peu structuré et inégalement réparti sur le territoire
- Incertitude sur les aides futures, qui pousse certains acheteurs à différer leur décision
- Décotes élevées qui découragent les vendeurs de baisser leur prix, créant un blocage dans les négociations
Pour l’acheteur, les conséquences sont doubles. D’un côté, un fort pouvoir de négociation – un vendeur qui attend depuis 4 mois fera des concessions. De l’autre, un risque réel à la revente : si le marché peine à absorber les VE d’occasion aujourd’hui, la situation ne sera pas meilleure dans 3 ans quand ce sera à l’acheteur de revendre.
Et les chiffres de décote confirment ce risque. Certains modèles perdent jusqu’à 60% de leur valeur en 5 ans selon les données AVERE-France citées par CapCar. Les modèles les plus demandés limitent la casse à 40%. C’est encore considérable. Pour un acheteur qui revend dans 3 ans plutôt que 7, la perte potentielle est difficile à supporter.
Dacia Spring, Zoé, Tesla Model 3 d’occasion : quels modèles méritent vraiment l’investissement en 2026 ?
Tout dépend de son usage réel. Et je dis ça avec conviction : il n’y a pas de réponse universelle ici, mais il y a des profils pour lesquels certains modèles font clairement sens.
La Dacia Spring à partir de 6 500€ pour un modèle 2021-2022 est l’entrée de gamme la plus accessible du marché. L’autonomie est limitée – c’est un fait – mais pour un usage urbain quotidien avec recharge à domicile, c’est suffisant. Le vrai avantage : le prix d’achat est si bas que le risque de décote supplémentaire est limité. On ne perdez pas grand-chose si on revendez dans 4 ans un véhicule acheté 6 500€.
La Renault Zoé ZE 22 à partir de 6 000€ demande une vigilance particulière. Sur les anciens modèles, la batterie était en location séparée – elle n’est pas incluse dans le prix d’achat. Ce coût mensuel (souvent 50 à 80€ selon les contrats) doit absolument entrer dans le calcul total. Sans ça, la comparaison de prix est fausse.
Pour aller plus loin : FoxSlots Casino : les bonus sans dépôt valent-ils encore le coup en 2026 ?.
La Renault Zoé ZE 40 à partir de 8 000€ offre une meilleure autonomie réelle et un rapport qualité/prix amélioré. C’est probablement le meilleur compromis de la gamme si son budget dépasse 8 000€.
- Demander un rapport d’état de santé batterie (SoH) officiel – c’est non négociable
- Vérifier si la batterie est incluse dans le prix ou en location séparée (crucial sur les anciennes Zoé)
- Exiger l’historique complet d’entretien et de charge
- Simuler le coût réel de recharge selon son usage et son tarif d’électricité à domicile
- Vérifier l’éligibilité au bonus écologique sur l’occasion – les conditions de ressources et de prix d’achat s’appliquent
Les modèles les plus demandés limitent leur décote à 40%. Ce sont eux qui offrent la meilleure liquidité à la revente. Acheter un modèle populaire même légèrement plus cher reste souvent plus sage qu’acheter un modèle atypique au prix plancher.
Le tsunami de VE d’entreprise d’ici 2028 va-t-il faire chuter les prix et piéger les acheteurs d’aujourd’hui ?
C’est le risque dont on parle peu, mais qui est documenté. Selon les projections d’Indicata relayées par la Plateforme automobile (PFA), la part de voitures électriques dans les restitutions de véhicules d’entreprise devrait atteindre 13% en 2026 et 21% en 2028.
Le mécanisme est simple. Les flottes professionnelles ont massivement basculé vers l’électrique entre 2022 et 2025 – en partie poussées par le malus CO2 renforcé, comme le confirme le SDES. Ces véhicules arrivent en fin de contrat et sont restitués. Ils alimentent le marché de l’occasion en volume croissant. Et si la demande des ménages ne suit pas à la même vitesse, le surplus d’offre comprime mécaniquement les prix.
La PFA l’avertit clairement : sans demande suffisante des ménages, une pression à la baisse sur les prix est probable jusqu’en 2029-2030. Indicata et la PFA projettent que le marché ne se stabilisera pas avant cette période.
Pour un acheteur qui signe aujourd’hui à 33 278€ sur un modèle récent : la valeur de ce véhicule dans 3 ans pourrait se retrouver bien en dessous des projections habituelles, précisément parce que le stock disponible aura fortement augmenté. Le risque s’accumule avec les 60% de décote déjà observés sur certains modèles en 5 ans.
Mais la nuance existe. Quelqu’un qui achète pour garder 8 à 10 ans est beaucoup moins exposé à ce risque. La dépréciation comptable ne se matérialise que si on revend. Si le véhicule reste dans le garage jusqu’en 2034, le tsunami de 2028 ne fait pas de mal direct.
Trois questions concrètes que tout acheteur se pose avant de signer
Puis-je bénéficier du bonus écologique sur une voiture électrique d’occasion ?
Oui, le bonus écologique s’applique aux VE d’occasion, sous conditions de ressources et de plafond de prix d’achat. C’est ce mécanisme qui réduit l’écart entre neuf et occasion récente à seulement 4% – 33 278€ d’occasion contre 34 781€ neuf avec bonus et super-bonification minimale, selon le Baromètre AVERE-France / Mobilians / AAA Data 2026. Pour les ménages modestes éligibles au bonus majoré, l’occasion récente reste néanmoins moins avantageuse qu’en thermique, où l’écart habituel de 18% laisse une vraie marge. La démarche vaut surtout sur les entrées de gamme très décotées.
Dans la même rubrique : Meilleur climatiseur mobile sans gaine 2026 : notre verdict.
La batterie d’une VE d’occasion est-elle fiable après 3-4 ans ?
Les batteries des modèles post-2020 dégradent peu sur les premières années dans des conditions d’usage normales. Mais la disparité entre modèles est forte. Les modèles qui perdent jusqu’à 60% de leur valeur en 5 ans selon AVERE-France cité par CapCar sont souvent ceux dont les batteries dégradent plus vite ou sont moins bien gérées thermiquement. On devez demander impérativement un rapport d’état de santé batterie (SoH) avant tout achat. Un SoH en dessous de 80% doit déclencher une négociation agressive sur le prix – ou l’abandon pur du dossier.
Vaut-il mieux acheter maintenant ou attendre la baisse des prix annoncée ?
Si l’achat n’est pas urgent, attendre a du sens. Les projections d’Indicata et de la PFA sont claires : le marché ne se stabilisera pas avant 2029-2030. L’afflux de restitutions d’entreprise – 13% en 2026, 21% en 2028 – va maintenir une pression baissière sur les prix. Acheter un modèle récent à 33 000€ aujourd’hui, c’est prendre le risque de voir sa valeur chuter plus vite que prévu d’ici 2028. Pour les entrées de gamme très décotées comme la Dacia Spring à 6 500€, le raisonnement est différent – le plancher est déjà proche, l’attente rapporte moins.
Mon verdict de rédacteur : en 2026, la VE d’occasion est une bonne affaire uniquement pour les profils très spécifiques
Je vais être direct. En 2026, la VE d’occasion n’est pas la bonne affaire que les courbes de croissance laissent croire. Les chiffres sont flatteurs en volume, mais les conditions économiques pour l’acheteur individuel sont souvent mauvaises.
Pour un ménage avec un budget moyen – autour des 15 700€ observés sur leboncoin – les VE récentes à 33 000€ sont simplement hors de portée. Et l’écart de 4% avec le neuf aidé est ridicule. Ce n’est pas de l’occasion, c’est du neuf sans garantie constructeur.
Les seules bonnes affaires réelles sont les entrées de gamme très décotées. La Dacia Spring à 6 500€ ou la Renault Zoé ZE 22 à 6 000€ font sens pour les petits budgets et les usages urbains – à condition d’accepter les limitations d’autonomie et de vérifier le statut de la batterie sur les Zoé anciennes.
Mais deux signaux d’alarme doivent peser dans son réflexion. Le délai de revente à 151 jours montre que la liquidité du marché est mauvaise aujourd’hui. Et la vague de restitutions d’entreprise jusqu’en 2028 va mécaniquement tirer les prix vers le bas. Qui achète un modèle récent à 33 000€ aujourd’hui pour revendre dans 3 ans prend un risque financier réel et documenté.
Ma conclusion est tranchée : la VE d’occasion est une bonne décision en 2026 si on comptez garder le véhicule plus de 7 ans, si on achetez un modèle d’entrée de gamme très décoté, ou si le coût de recharge local est particulièrement favorable. Pour tous les autres profils, attendre 2027-2028 – quand le marché sera mieux approvisionné et plus correctement valorisé – sera probablement la décision la plus sage.
